9m²

nuits blanches et solitude

23 mars 2009

Le temps s'écoule, forcément

 

(18:35) Clad : moi jviens de passer des test de recrutement pour ma formation

(18:35) Clad : et j'en ai encore mal à la tete

(18:35) Dilly Dally : bien passé?

(18:35) Dilly Dally : c'est quoi exactement?

(18:36) Clad : des test de logique, de maths simple, mais c'est chronométré et t'as pas le temps de tout faire, faut faire le plus possible

(18:36) Dilly Dally : ah dac

(18:36) Dilly Dally : tu penses avoir réussi?

(18:36) Clad : très moyennement

(18:36) Dilly Dally : ca doit faire bizarre de se retrouver projeté là

(18:36) Clad : les autres mecs qui étaient là avaient des têtes de matheux

(18:37) Dilly Dally : lol ca veut rien dire ms bon

(18:37) Clad : et le seul test que j'ai bien réussi était celui qui portait sur la langue française et l'orhtographe...

(18:37) Dilly Dally : c ptet ce qui fera ta différence

(18:37) Clad : peut etre

(18:38) Clad : ils étaient tout habillé en pull / veste noir gris

(18:38) Clad : comme moi

(18:38) Clad : le stéréotype du geek à la mode

(18:38) Dilly Dally : lool

(18:38) Clad : avec le jean

(18:38) Dilly Dally : bah dfacon malgré nous, on rentre tous ds des catégories vestimentaires quoi

(18:39) Clad : oui mais ça m'a frappé, sur 20 personne y'avait qu'1 type en chemise rouge

(18:39) Clad : tt le monde en noir quoi, enfin voilà j'ai revu le monde extérieur telle que j'avais l'habitude de le voir, et ça me réjouit pas

(18:40) Dilly Dally : tu fais partie du lot

(18:40) Clad : j'imaginais déjà les pauses entre les cours avec ces types complètement banals qui parleraient de windows et de configuration réseau

(18:41) Dilly Dally : tu t'en fous d'eux, c'est surtout pour avoir ton chez-toi et un boulot alimentaire +tard

(18:41) Clad : jm'en fous pas complètement puisque si je fais ça jles cotoierais tous les jours

(18:41) Clad : et ca va faire comme à la fac

(18:41) Dilly Dally : bah après ca dépend de ce que tu veux pour plus tard

(18:42) Clad : oui mal nécessaire jsais bien

 

(18:49) Clad : durant la semaine, ma tante et mes cousins m'ont réellement connu pour la première fois

(18:49) Clad : et chaque jour qui passait je constatait à quelle point jme sens normal et donc mieux quand je suis pas chez moi

(18:50) Dilly Dally : dc faut que tu trouves un moyen d'en partir, thats all

(18:51) Clad : oui


(18:52) Clad : jvais finir de raconter en vrac tout ce que j'ai pas envie d'écrire mais besoin de raconter quand même

(19:02) Clad : jme suis beaucoup impliqué dans une guilde sur wow, et tout le monde m'y aprécie (même souvent exagérément) et on avance bien en pve. en rentrant au havre on est passé voir un cousin qui a 40 ans et qui est à l'hopital psy après s'etre fait arreté par la police en état d'ivresse et ayant pas mal de problème, il est accroché a sa mère (ma grand mère) qui est pas en bonne santé, il est bourré de médicament, j'ai assisté à des discutions qui me concernaient pas mais qui m'intéressait beaucoup. ma tante et mes cousins m'ont découvert, comme d'habitude j'ai beaucoup observé et les connait un peu mieux aussi. J'ai lu La peste de Camus, et j'ai envie de lire un peu de temps en temps à l'avenir. Jsuis satisfait de la distance non agressive que j'ai avec ma famille. D'habitude et depuis toujours jme sens étranger dans ce monde, et bizarrement jme sentais agréablement familier chez ma tante, et ils étaient intelligent, et ça me confortait de découvrir des gens qui supportaient pas la pub à la télé, qui étaient bp de musique et qui parlaient de plein de choses.

 

Moins de haine, autant d'incertitude

Il y a quelques semaines, ma tante est donc venue me chercher au havre, et j'ai passé une semaine chez eux, avec mon cousin et ma cousine. Ces courtes périodes où je vis un peu sont rares. Paris, Grenoble, Rennes, les 2 semaines du premier stage du bafa, chez mes cousins. Je constate que ces périodes me réveillent un moment, je constate que c'est possible, qu'au fond je peux tout à fait vivre quand il faut. J'attends de nouveau.

En revenant de chez mes cousins il me restait 5 pages à lire de La Peste de Camus, j'essayais de finir le livre au moment du départ, mais arrivé dans la voiture j'aurais trop eu mal au coeur pour le finir en roulant. Alors arrivé chez moi je l'ai posé sur ma table de nuit. Je le finirai jamais parce que chez moi je ne lis pas.

J'ai toujours pas les résultat des tests que j'ai passé. Entre autres choses du même ordre, cette pensée m'angoisse un peu chaque jour. Je dois les appeler pour savoir. Je veux pas les réussir car je n'ai pas envie de faire cette formation dans cet univers ridicule et compétitif. Je veux les réussir pour ne pas en revenir à zéro.

J'ai pris l'habitude de la gêne permanente, l'habitude non assumée.

J'appelle rarement Coline pour aller droit au but et parler de ce que j'écris plus, je n'ose appeler personne d'autre par crainte de ne pas être entendu, ou d'être bloqué par la banalité d'usage. Je parle tout les jours avec mon micro à des gens sur world of warcraft que je finis par connaître, j'organise la vie de la guilde, je joue un rôle. J'avais perdu pendant longtemps l'exercice de la parole, c'est positif.

A l'anpe on m'a fait comprendre que je n'avais pas d'avenir, dans cette société.

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02 décembre 2008

1/12/08

Chaos total.
Différentes périodes se succèdent. Pendant 2 ou 3 jours je dors 70 à 80% de mon temps, puis je reste éveillé plus de 24h avant de redormir beaucoup. J'essaie diverses méthodes pour survivre mentalement : j'essaie de ne penser à rien, je me crée une bulle dans laquelle j'essaie de n'envisager le temps qu'au présent, la réalité comme un rêve. Soit je dors, soit je tente d'avoir des occupations abrutissantes pour continuer de ne pas penser. Dès qu'une occupation ne devient plus supportable, je change le plus vite possible. Les creux entre ces occupations sont les pires moments car je me mets à penser. Je n'ai aucune envie, j'en cherche sans arrêt "est-ce que j'ai envie de dormir ? est-ce que j'ai envie de jouer à ce jeu ? ou à celui là ? aller aux toilettes ? regarder un porno ? descendre manger quelque chose s'il n'y a personne en bas ?" trouver quelque chose pour échapper au vide. Je m'allonge sous la couette avec les pensées haineuses automatisées, ne pas trop y réfléchir, juste les faire passer. Des dixaines de scénarios sanglants pour défouler mon esprit, et après ça va mieux, après les avoir imaginé tout en détails, je n'y pense plus vraiment comme pouvant être réels, mais à vrai dire je préfèrerai qu'ils le soient, que quelque chose fasse tout changer. Je sais que cette situation est invivable à long terme, et qu'elle est aussi sans issue, mais le futur est une notion que je ne suis plus capable de concevoir ou d'accepter. Je sais qu'il y a toujours quelque chose qui finit par obliger un changement encore une fois difficile et douloureux, mais pour l'instant j'en peux plus de la douleur, alors je suis écrasé dans le présent, dans l'instant infiniment petit ou il n'y a rien à penser, juste à survivre de la façon la plus élémentaire. Ca durera le temps que ça doit durer, je ne pense plus.

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27/11/08

Le sommeil est le seul réconfort qu'il me reste

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18/09/08

Jrecommence à plus avoir envie dme coucher, une vieille habitude qui revient souvent, et je vais certainement bientôt retrouver ce rythme décalé de 12h

Jme suis retrouvé chez un gars que je vois pour la 2eme fois, avec un pote, pour faire de la guitare et basse, enfin à vrai dire pour faire le prof et essayer d'apprendre des trucs faciles à jouer. Au bout d'un moment le frère du gars est rentré. Et après une assiette de pâtes et un café, le gars à annoncé à son frère qu'il avait signé pour entrer dans la gendarmerie mobile, et qu'il partirai dans 3 mois. J'ai assisté au choc que cette annonce a produite. Jcrois que je connaissais personne de proche ayant un frère, jconnais des gars qui ont des soeurs, et souvent pas du même âge, mais personne ayant un frère du même âge, et j'ai trouvé ça dingue. On aurait dit deux potes, l'un triste d'apprendre soudainement que l'autre allait partir loin, et l'autre essayant de le consoler en disant que c'était rien, qu'il reviendrait régulièrement le voir. Jregardais les visages, les visages de ceux qui s'attendraient pas à ce qu'on les regarde à un instant donné, écoutant un autre parler, comme je fais toujours dans ces moments là. J'écoutais les histoires de familles, histoires fraternelles, histoires de coeurs, d'amitiés. Et dans ce genre de situation jme sens rassuré, d'écouter les histoires des gens, mais je suis pas un intru, je hoche de la tête, je pose les questions qu'il faut, pour en savoir plus, sans en savoir trop, et je donne rarement mon avis, je suis un spectateur attentif.

(Et quand au milieu d'un blanc les gens sentent qu'ils ont beaucoup parlé d'eux et se sentent naturellement obligés de me demander "et toi alors, qui es-tu ? que fais-tu ?" jme sens soudain troublé, et je réponds de façon brève et facile "en c'moment, je cherche du boulot" et j'essaie de ramener la discution sur autre chose. On pourrait croire que dans ces situations aussi je me livre trop facilement, et bien non, au contraire. Il faut d'abord que j'ai senti un petit plus chez quelqu'un, pour lui raconter tout, et même trop, sinon je suis l'homme mystère qui ne parle pas beaucoup mais écoute énormément.)

J'ai préféré cet instant de 30mn de vérité au reste de la soirée à jouer avec les morceaux de rock de noob. C'est dans ces moments là que jme sens à ma place. C'est une évidence depuis longtemps, mais c'est toujours un peu bizarre de le réaliser.

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17/09/08

Il faut l'étape suivante, il faut qu'elle arrive. Souvent jme retrouve comme ça, dans la salle de bain, à 3h du matin, éclairé seulement par la lumière jaune du lampadaire qui passe par la fenêtre, après m'être rempli un peu le ventre, à faire couler l'eau chaude, et puis à me mettre les mains sur les yeux, et puis penser, pendant longtemps. Ces instants ont un goût.
Tout mon corps s'anesthésie depuis tout ce temps, et je perds petit à petit le goût de chaque chose, mais des fois jle ressens à nouveau. Je sais qu'il est là, partout, il suffirait que jsois en mesure de le sentir. Ma vie pourrait être, ou devenir complètement différente, ça ne tient peut-être pas à grand chose. Jressens de loin la fureur de la musique et des rythmes, mon souvenir de scène, mes souvenirs de groupe. Jressens l'appel de l'ivresse, quand je vois Y,, sa mère et Ph,, je bois la vodka et à chaque fois jsuis ému de retrouver le bien être de ces moments de liberté. Avant de revenir.

Jserai jamais prêt pour changer cette vie, mais elle sera amené à changer, et ce sera sur un coup, de tête, de hasard. Comme ce jour où jsuis allé chercher du travail, parce que jme le suis fait faire promettre à quelqu'un à qui je donne de l'importance. Oui "jme le suis fait faire promettre", j'ai juste besoin que quelqu'un soit derrière moi pour me soutenir, même si c'est juste moral, et pas physique, alors j'ai dmandé à quelqu'un de me faire promettre que ce jour, je sortirai de chez moi pour aller à la boîte d'interim, à l'anpe, et comme j'avais promis, jl'ai fait. J'ai eu un entretien, mais pas de job, alors jdevrai réessayer autre chose, et ça se fera de la même façon. Jfinirai par trouver un truc, j'espère un job de merde dans une usine, un truc mécanique. J'adorerai faire ça, une tâche répétitive, qui ne demande aucune réflexion, jsuis capable de faire ce genre de truc pendant des heures des jours et des semaines, jsuis capable de jouer à ces jeux sur ordinateur, sur playstation, de faire toujours les mêmes action pour être le plus fort en fiction, le plus fort pour tuer le temps.

Je suis le champion de la solitude, une sorte de champion, mais non assumé bien sûr. J'ai toujours vécu "seul", toujours, et sans jamais l'assumer, alors, et maintenant ? jn'assume pas un style de vie qui est devenu mon habitude, la seule chose que je connaisse, et de laquelle j'aurai à l'évidence beaucoup de mal à sortir. Pourtant je fais pas mal de rêves qui me mettent en scène au milieu de gens, comme ces souvenirs de mon stage du bafa : pendant 2 semaines j'étais la personne la plus sociable qui soit parmi tous ces gens, et jcrois que tout le monde sans exception m'a apprécié pendant ce séjour, j'ai parlé à tout le monde, et discuté longtemps avec certains. Cette expérience du bafa, mes lointains souvenirs de colo. Mais comment savoir ce que serait une vraie vie dans ces conditions, pendant plusieurs années ? Et comment serait une vie avec une seule personne ? Jpeux pas savoir.

Quand il ne s'agit que de moi, je m'en fous, je m'en fous de moi, je ne me déteste pas, je ne m'adule pas, je suis pas fier, j'ai pas non plus de mauvaise estime de moi. Quand il s'agit des autres, quand j'engage les autres dans quoi que ce soit, je fais tout mon possible. Et faire son possible pendant 2 semaines, ce n'est évidemment pas un problème, mais quand il s'agira de faire mon possible dans une vie de couple, dans une vie en communauté, qu'est-ce qui se passera ? qu'est-ce qui se passera ?...

Jveux pas parler d'amour, parce que jrisquerais de rendre cette belle chose trop moche. Dangereuse dans le mauvais sens. J'en suis la proie comme chaque humain, et jpourrai sans doute pas y échapper, mais il faudra que je m'en méfie le plus possible. J'ai perdu le goût de beaucoup de choses, mais ça je n'y ai même jamais goûté, alors que c'est sans doute la force la plus puissante force qui soit. Et la voir arriver de loin me fait plus peur qu'envie, à tort et à raison.

Pour être bien, j'aurais besoin... d'équilibre. Comme on dit, un "déséquilibré" pour celui qui a connu des traumatismes, et qui en garde des séquelles jamais vraiment réparables. Je sais que je suis pas prêt d'atteindre un équilibre, car des traumatismes j'en ai beaucoup et trop de chocs m'attendent encore : des chocs dans mes habitudes, ma façon de vivre, mon quotidien, chocs sentimentaux, chocs humains. C'est une bombe à retardement, une vie compte-à-rebours. Je fais traîner, planer les choses, j'attends sans vraiment attendre, et ma seule façon de lutter contre ces chocs incontournables, c'est de faire avancer de petites choses sur un coup de tête. C'est comme ça que ça se passera, sans trop réfléchir. Et "on verra bien".

A vrai dire j'accorde pas trop d'importance à la réussite de ma vie, même aucune, et ça c'est juste ma façon de voir la vie. Mais j'ai peur de ce qui se passera, peur de pas supporter.

J'ai des désirs, et des besoins

Il m'arrive souvent, pendant des périodes plus ou moins longues, de tenter d'être capricieux, de plus tenir, de tout essayer, de sombrer dans la folie pour croire que ça changera quelque chose. En vérité tout c'que ça m'a apporté c'est de perdre ma dignité vis à vis de beaucoup de gens. Je suis encore là dans la même situation, et dans de rares instants, lorsque sur cette montagne russe je suis en haut d'une crête, jpeux constater que les miracles ne se produisent pas, et que seule mon endurance pourra changer, un jour, quelque chose.

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25/08/08

Assailli du mal de tête et épuisé je sors du trou noir pour le raconter. Hier j'ai regardé la date, le 24 Aout. Au début de l'été, j'avais fait cette décision : perdre mon temps encore tout l'été, dans l'espoir qu'il se passe peut-être quelque chose, n'importe quoi, après quoi j'aurais d'autre choix que d'aller chercher du travail début septembre. Septembre c'est dans une semaine, et je suis terrorisé. Rien ne s'est passé dans ma vie, et même s'il s'était passé quelque chose j'en serais assurément au même point à l'heure actuelle.

...Je peux pas affronter ça tout seul, je sais pas quoi faire, je peux pas penser à c'qui va se passer

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14/08/08

Le plus dur étant de retenir sa haine envers n'importe qui, envers tout le monde. Constater qu'aucune aide ne viendra de nul part, même si les gens savent, souvent ils ne peuvent pas y faire grand chose.

La meilleure arme contre ces ténèbres reste le sommeil, ou le jeu, avec le moins de communication possible sur ce maudis jeu à la con, car chaque communication est aigrie. Jsuis sûr qu'il y en a un certain nombre comme moi, qui jouent en solitaire, qui détestent ce côté cartoon et gamin de world of warcraft mais qui jouent quand même parce que c'est un excellent tue-temps, et parce qu'on peut jouer relativement seul, ou alors avec d'autres joueurs mais avec la barrière très efficace des conventions de jeu, du vocabulaire, des habitudes. On peut même créer un nouveau personnage et aller dire de la merde sur le canal commerce contre des gens avec qui on a joué avec son perso principal. On retrouve à peu près tous les gens de base sur ce jeu. Du gars sans histoire qui joue bien et qui est à peu près mature, au rageux de base de la street qui va insulter ta mère parce que tu lui as dit qu'il jouait mal, en passant par les gars de 25 ans qui en paraissent 12, par les gars de 12 ans qui en paraissent... ben 12, et les gars comme moi qui passent leur temps sur le jeu sans jamais établir de contact malsain et qui ont 10 persos différents pour jouer sans fin. De temps en temps on rencontre un gars ou une fille lvl 20 qui vas te dire "bonsoir" et qui vas parler dans un français correct, mais ce genre de personne ne se connecte qu'une fois par mois, sans doute dans un moment d'ennui ou dans une envie de geekerie néophyte. Rien de très rassurant donc.

Je passe chaque seconde à me demander comment supporter la prochaine. C'est une étrange lutte, il ne s'agit pas de ma survie, car si je veux survivre il me suffit d'aller me nourir dans le frigo et de me coucher dans mon lit sous une chaude couverture. Cette lutte est donc bien lointaine de celle que mène naturellement tout être vivant normalement constitué, voilà c'que semble avoir apporté l'évolution et la société dans laquelle je suis. Je survis comme le lapin qui réside dans sa cage, dans la salle. Il pisse dans son eau, il mange sa carotte, et avant qu'il l'ait fini, une autre carotte tombe dans sa cage. Il est gros, il ne bouge presque plus, il s'étale de tout son long, et de temps en temps il fait des petits sauts frénétiques, pour détendre ses muscles atrophiés, il survit.

Malheureusement, je suis doté de quelque chose de plus que le lapin, quelque chose qui me complique bien la vie.

Jcrois que la haine survient quand on a plus envie de rien, quand il ne reste plus que la destruction pour donner un sens à son existence, la destruction et donc l'autodestruction. On a besoin de construire, d'avoir un but, un objectif, ou l'amour, qui semble être une construction permanente.

Cette question du but m'a toujours été posée, par plusieurs personnes, jamais je n'ai pu trouver le moindre but, jamais. A l'unique exception de la musique, art que j'avais envie de partager, mais n'ayant jamais trouvé personne avec qui le partager, ce fut totalement ennuyeux et décevant. Je peux même pas dire si j'aurais pu avoir un talent, jparle pas de facilité innée pour un instrument pour le rythme etc, mais un vrai talent , peut-être que oui ou peut-être que non, j'avais l'impression que oui, mais jcrois qu'il est impossible de savoir. Donc au final jn'ai jamais pu me découvrir un quelconque but, à part celui d'en trouver un vrai, un but ou plutôt une raison de vivre, une idée qui me fasse penser "oui ça vaut le coup". Une idée... ou plutôt des faits, c'est ridicule de croire que c'est la raison qui vous fera penser que la vie vaut le coup. Un philosophe est soit optimiste soit pessimiste parce que sa vie l'a amené dans une voie ou dans l'autre, c'est juste un fait implacable.

N'en reste la haine pour le coup bien déraisonnée et elle aussi implacable. Seul le légume pourrait continuer son existence sans but ni haine. Le poireau qui pousse dans le potager du jardin pousse d'une façon régulière, il profite allègrement de l'humus de qualité dans lequel il est planté. Il n'a pas besoin de détendre ses muscles atrophiés puisqu'il n'en a pas, il se contente d'absorber les nutriments qui lui parviennent, il survit.

Malheureusement je suis pas non plus un légume, mais je sais que certains finissent ainsi.

Je ne peux m'empêcher de compter sur des gens, ainsi je me condamne à la déception permanente. J'ai beau le savoir, je continue d'y croire car je n'ai aucune autre façon d'espérer que quelque chose pourrait me sauver. Car je n'ai pas l'éventuelle chance d'être un solitaire satisfait. J'ai hérité de cette nature contradictoire peu pratique. J'ai du mal à juger quand en vouloir aux gens et quand ne pas leur en vouloir, où commence et s'arrête la responsabilité des autres sur mon malheur ? Mais cette question ne concerne que moi pas vrai ? Ainsi même si je pouvais y répondre ça ne changerai rien. On est tous notre centre du monde.

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13/08/08

Dans ces moments là je dois m'enchaîner, massacrer le temps, avec plus de sauvagerie que d'habitude. Quand mon coeur est si noir je dois m'empêcher de tout, pour ne plus commettre de fautes irréparable comme j'ai pu le faire il y a des millénaires. Tuer le temps, tuer chaque seconde, et ne pas penser au futur quand on sait qu'il n'y a pas de futur. Il y a ce futur indéterminé, un jour, mais le fait qu'il soit indéterminé le rend impossible à attendre, alors il ne faut pas y penser. Tuer le temps présent, tuer le temps.

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07/08/08

J'ai pas envie, pas plus que d'habitude. J'ai envie de dormir, mon cerveau divague et mes yeux se ferment, et finalement c'est un peu comme ça tout l'temps. Sauf que là si jsuis fatigué c'est parce qu'il est 8h35 et que au lieu de dormir jsuis allé marcher dans les rues du Havre. Oui même à écrire ça parait assez pitoyable. J'ai pensé des tonnes de choses durant ces 2-3 heures, et j'ai pensé des tonnes et des tonnes de choses depuis tous ces mois sans écrire, mais tout est éparpillé, tout est paumé. Pas de mémoire, les choses se passent, ou même ne se passent pas, et rien ne reste, car rien n'est construit.

Il aurait fallu que j'ai quelqu'un à qui raconter ça tout de suite, avant d'oublier, ou que mon ordinateur soit relié directement à mon cerveau pour enregistrer mes pensées dans les clusters du disque dur.

Mais si ce n'est pas construit, si ce que je pense et écris à l'instant n'est pas organisé, travaillé, quel intérêt ? Tout ce qu'on produit naturellement ne peut être que moche. Tant qu'il n'y a pas de travail sur la forme, ce n'est que du caca, le caca qu'on produit sans cesse, frénétiquement, voilà c'qui sort actuellement.

J'ai envie d'aller à la ligne, je vais à la ligne, même si c'est moche

Pourquoi alors ? pour essayer, même si c'est avec peu de conviction

J'essaie des choses, désespérément

J'ai essayé de marcher dans les rues du havre, parce que je le sentais bien. Aux premiers signes de l'aube, à l'heure ou les rues sont parfaitement calmes et douces.

J'essaie désespérément, de trouver quelque chose. Non je repars pas la dessus. Non c'est pas drôle, je ne suis plus drôle comme à l'époque où j'écrivais d'une façon drôle forcée, aujourd'hui je me force plus, parce que de toute façon ça n'a pas payé.

Je peux pas raconter des anecdotes ici, jdois les raconter à quelqu'un, sinon c'est morbide. Vraiment morbide

J'espère que les gens ont oublié ce blog et qu'ils ne liront pas ce que je poste.

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24 novembre 2008

En fait non, la volonté était un canular
jveux juste dormir, d'ailleurs j'y vais
ça finira mal

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