13 août 2009
Voilà. Retour à l'errance, c'est tout ce que cherche. Je crois que
j'irai jusqu'au bout, jusqu'à ce que mon père me parle pour la première
fois depuis des années pour me mettre dehors. Jsuis sûr qu'il
est aussi dérangé que moi au fond, mais je sais pas comment il fait
pour se contenir autant. Il faudrait que je travaille maintenant, il faudrait. De belles paroles en l'air sachant que personne ne m'y obligera vraiment.
Ma tante était là aujourd'hui, je pars chez eux pendant une semaine.
J'ai du mal à être en société, même quand j'aime les gens avec qui je suis. je me sens incommodé, dérangé dans ma tranquillité, et j'ai comme envie, paradoxalement à mon mal de solitude, de me retrouver seul. J'ai envie de retrouver quelque chose de familier quand je suis pas chez moi, et quand je suis chez moi, je me sens pas chez moi, si bien que je ne sais pas où aller. D'où cette recherche d'errance. Je veux croire qu'un jour je trouverai.
09 août 2009
Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête, je suis désorienté. Je suis constamment comme en train de me réveiller d'un rêve loufoque. Je ne sais pas pourquoi je suis là, ce que je suis censé faire, alors que mon avenir me demande des comptes.
« Tu sais c'que j'aimerais en ce moment ? J'aimerais avoir un accident de voiture. Mais pas trop grave juste une jambe cassée, deux trois côtes fêlées. Etre dans un lit d'hôpital. 'pis me reposer en attendant que mon corps se reconstitue. Que mes os se recollent, se ressoudent, comme autant de petits miracles bienfaisant qui se produiraient à l'intérieur de mon corps. […] 'pis après t'as la rééducation. Et là tu sais pourquoi tu luttes, tu sais pourquoi t'en baves. Pourquoi ? Ba pour remarcher ! Voilà c'est simple. Et pis un jour tu remarches, et c'est sublime. »
Finalement jme suis mis à regarder Les Apprentis jusqu'au bout, après avoir recopié cette phrase.
Bref...
J'ai donc passé 3 jours à Lorient, et maintenant jsuis censé chercher un studio dans une station de ski dans le Vercors pour y faire une formation de conception de produits industriels en alternance 2 semaines sur 4 et revenir au havre en train entre deux. Jsuis même pas sûr que l'entreprise va me prendre, et ça doit commencer en septembre, et là-bas y'a que des chalets ou des studio qui se louent à la saison. C'est n'importe quoi. Jsais pas c'que je suis censé faire.
Je crois que j'ai encore besoin de temps, jme vois pas m'embarquer dans une telle galère, ça me paraît plus que jamais complètement irréel. Encore plus irréel que de me retrouver encore à pas savoir quoi faire une année de plus. Peut-être que je me mettrai à faire des petits boulots de merde. J'en sais vraiment rien.
3 jours passé au festival de Lorient, avec C. et L. qui m'ont extirpé d'un état de légume. J'étais content d'y aller, le seul problème c'est que c'est pas si facile de sortir d'un tel état, et évidemment j'ai pas vraiment pris le rythme des fêtards bretons. Ces 3 jours ont donc été tout simplement une lutte contre moi-même. Une lutte pour rester éveillé, pour être prudent, bien conduire, et bien me conduire. Et de ce point de vue c'était réussi je pense. J'étais aussi content d'être en leur compagnie, à vrai dire on aurait pu aller n'importe où et faire n'importe quoi, je pense que ça serait revenu au même pour moi. Même si l'ambiance, les musiques bretonnes et certains spectacles étaient cool. J'étais avec des gens qui me connaissent et me comprennent vraiment (enfin à peu près), et c'est la seule chose qui compte.
C'est bizarre de me retrouver devant ce pc, je repense à ces 3 jours en me demandant si c'était bien réel ou si c'était un autre rêve loufoque, je me demande si c'était bien moi qui était là-bas.
J'ai écouté l'histoire du frère de L. avec une curieuse attention. Il est un peu plus jeune que moi et souffre depuis toujours d'une douleur lancinante dans le dos mais qui n'a jamais été reconnue par aucun médecin, si bien qu'on lui disait que ça devait être psychosomatique. Et récemment, un bon médecin a finalement trouvé qu'il avait une petite tumeur très douloureuse, et qu'on peut l'opérer pour l'enlever. Depuis qu'on lui reconnaît cette douleur, ce handicap, et qu'il sait qu'il va être guéri, il semble vivre mieux, comme si on lui avait rendu justice. Il y a quelques années, un pote à moi avait aussi un problème, il était lymphatique, il avait aucune volonté, allait pas en cours, et tous les problèmes qui vont avec, encore pire que moi à l'époque. On a fini par découvrir qu'il était anémique et il a été soigné. Suite à ça j'ai demandé qu'on me fasse une prise de sang aussi, mais j'avais aucune maladie.
Moi aussi j'aimerai bien me retrouver dans un hôpital pour 6 mois, qu'on me soigne de quelque chose, et qu'on arrête de me demander ce que je vais faire de mon avenir.
A la gare de Paris, il y a beaucoup de gens qui passent leur journées à demander de l'argent aux passants, avec des histoires tristes.
Il y a pas que moi qui ne sait pas où il sera ni ce qu'il fera dans 10 ans, mais certains n'en sont pas si angoissés, je sais pas comment ils font.
03 août 2009
Dans deux jours, je vais à un festival à Lorient, avec deux chouettes personnes (mes deux derniers liens à l'humanité). Demain, il faut que je rappelle la personne responsable de mon BTS pour savoir s'il a lu les mails d'un potentiel employeur que je lui ai transmis, car je n'ai pas de nouvelle. Je me demande si je n'ai pas mal compris son adresse mail au téléphone. Mon sommeil n'a jamais été si chaotique, et souvent quand je me réveille je sors d'un agréable rêve, et puis je repense à ces histoires de BTS et de nouvelle vie à Grenoble comme d'un mauvais rêve dont on est si soulagé de sortir, et je réalise que ce n'était pas un rêve mais ce qui s'est passé la veille, et qui doit trouver une suite aujourd'hui.
C'est terrifiant de se rendre compte qu'on joue son futur en quelques jours d'évènements, et que si on décide de ne pas le jouer, on risque de tomber encore plus bas. Encore plus terrifiant que lorsqu'on doit choisir à 15 ans ce qu'on veut faire plus tard et quelle série prendre au lycée, quand les adultes nous disent que c'est très important et qu'on y joue notre avenir. Est-ce qu'on devient con à ce point quand on est adulte ?
Aujourd'hui jsuis sorti pour acheter une connerie utile. Comme d'hab ma dernière sortie à l'air libre commençait à dater. Je trouve amusant la dimension qu'a pris mon rapport à la réalité, à l'extérieur, à la rue et aux gens. J'en rajoute volontairement pour me croire sur une planète extraterrestre avec tous ces gens bizarres qui défilent. La réalité c'est que pour moi les gens dans la rue ont des sales têtes. Depuis toujours quand je suis dans la rue j'observe attentivement les gens, je les regarde sans être vu. Mais cette manie a vraiment fini par m'écœurer, si bien qu'aujourd'hui j'ai essayé de ne pas regarder les gens, et finalement je me sentais plus à l'aise. Faire comme à Paris où on personne ne se regarde, passer comme des fantômes. Avant cette idée me faisait froid dans le dos, enfin, elle me fait toujours froid dans le dos, mais elle me répugne moins que de regarder et d'être regardé par des gens aux sales têtes. Je ne sais pas quoi penser de cette évolution, c'est dans un sens sans doute problématique, dans un autre très intéressant et amusant, dans un autre plutôt banal et triste, dans un autre qu'est-ce que ça peut faire ? C'est une partie de ma personnalité qui s'est développé plus que l'autre, l'autre qui eut fait de moi un être très sociable et entouré, mais qui ne m'aurait pas nécessairement rendu plus heureux.
Je suis en suspens, si je rate la voie d'accélération qui ne va durer que jusqu'à fin Aout, je risque d'être encore plus dans l'impasse. Je n'ose pas trop imaginer ce qui pourrait se passer s'il ne se passe rien. Je crois que c'est ce qu'on peut appeler une vie précaire sur tous les plans.
Comme je l'ai déjà dit, le sommeil est le seul réconfort qu'il me reste. Le seul moment où je me sens bien c'est quand je pose ma tête sur mon oreiller et que je m'apprête à rejoindre un autre monde pour une poignée d'heures volées.
Rien à ajouter.
